En séjour à Kinshasa, Dodo Landu Domo n’a pas échappé à annalyser l’actualité sportive. Le Secrétaire général de l’Union des footballeurs du Congo (UFC) affiliée à la Fédération internationale des footballeurs professionnels (FIFPro), syndicat des footballeurs et partenaire de la FIFA, évalue les chances de la RDC engagée au Mondial 2018 et au Chan 2016 Forum des As :

Les Léopards de la RDC A sont qualifiés pour le troisième et dernier tour des éliminations de la Coupe du monde Russie 2018. En votre qualité d’analyste et Secrétaire national de l’UFC que faut-il améliorer lors de la phase de poules ?

 

Dodo Landu Domo : S’il faut améliorer, il y a un travail qui devrait être fait au niveau du bloc défensif. Le bloc équipe des Léopards est un peu épars. Entre les lignes, on n’évolue pas, on laisse trop d’espaces et on manque d’agressivité au niveau de duels. Ce sont des choses à améliorer sur le plan défensif. Sur le plan offensif, il faut mettre une grosse densité dans l’animation de jeu.

 

Qu’est-ce que nous pouvons retenir en termes d’analyses de la double confrontation entre les Léopards et les Hirondelles du Burundi ?

 

Pour analyser la prestation face aux Léopards.  Je dirai d’abord sur le match retour que j’ai vu. Notre équipe nationale a bien exploité ses temps forts  et est passé  par le dos des latéraux qui apparaissaient comme la faiblesse de l’adversaire. Les fauves congolais ont bien exploité cette disposition tactique, et  qui a amené un but et deux poteaux avec Mbokani et Mubele. Ce qui fait qu’on aurait pu facilement finir la première mi-temps avec trois buts en exploitant des balles derrière le dos des latéraux. Après je retiens aussi que la RDC a eu à faire à un adversaire très bien organisé, qui avait une maîtrise parfaite de la technique au niveau de l’organisation et du rythme, qui a bien géré le milieu de terrain. Ce qui me fait dire à contrario qu’il aurait fallu pour les Léopards une grosse activité au niveau offensif pour pouvoir assurer la reconversion entre le milieu et l’attaque, parce qu’ au niveau de l’animation offensive on a eu d’énormes difficultés. Voilà en gros les analyses techniques que je peux émettre pour l’équipe nationale. Je note aussi que, pour la première fois j’ai vu Yannick Bolasie très entreprenant sur le plan défensif au matche retour. Il a tenu en haleine son latéral qui en fait, avait apporté le surnombre pour qu’on puisse encaisser les deux buts au match aller. Ce qui veut dire que l’équipe a appris de ses largesses du match aller et a essayé de colmater les brèches.  Ce que nous fait aussi dire que malgré qu’ils aient marqué deux buts, il faut savoir que ces deux réalisations ne sont pas venues de la même manière que celles de la manche aller. Ils ont marqué sur deux coups de pied-arrêté, le premier un auto-but, c’est un fait de jeu qui arrive. Mbokani a un point fort, c’est son jeu de tête. On exploite son jeu de tête au niveau défensif pour dégager, mais le ballon malencontreusement est allé droit dans nos filets, ça peut arriver.   Après le deuxième est arrivé sur une faute personnelle qui a occasionné deux buts en faveur de l’équipe adverse. En fait, c’est deux matches différents. Le premier, on fait preuve de largesse qu’on colmate, mais ils sont parvenus à marquer deux buts par deux coups de pied arrêté. Le penalty oui, c’est aussi un point pour notre équipe, on commet trop de fautes individuelles que l’on peut éviter. Voilà en gros mon analyse pour l’équipe qui est en progrès et qui continue à travailler dans l’optique d’atteindre l’objectif affiché. Le projet sportif, il ne faut pas l’oublier, c’est d’être présent dans des compétitions internationales et de décrocher quelque chose. Ce n’est que par le travail qu’on pourra mieux organiser les Léopards.

 

Le tirage au sort du CHAN 2016 a rendu son verdict le dimanche 15 novembre dernier, la RDC évoluera dans le groupe B avec le Cameroun, l’Angola et l’Ethiopie. Quelles sont les chances des Léopards dans ce championnat d’Afrique des nations ?

Les chances ne concernent pas uniquement les Léopards, mais toutes les équipes devant évoluer dans le groupe B du CHAN 2016. Les chances sont intactes, c’est fifty-fifty pour tout le monde. Il n’y a pas une équipe qui a l’ascendant psychologique sur l’autre. Les quatre équipes nationales du groupe B se valent.
L’Ethiopie a une équipe homogène, les joueurs jouent ensemble depuis longtemps. D’ailleurs, ils viennent de jouer avec les Diables rouges du Congo (Ndlr : nos voisins) pour le compte des éliminatoires de la Coupe du monde 2018. C’était un match plein et engagé. On a connu 7 buts autour de ce match, soit 4-3, même si les Ethiopiens ont perdu.
Comme le Burundi nous a compliqués aussi. Le Cameroun, c’est un potentiel point fort de l’Afrique centrale. L’Angola, c’est une équipe bien organisée, qui joue un jeu très rapide. Vous savez qu’on vient de là, on a pris part au tournoi. On a connu des difficultés, on les a embêtés aussi. La compétition reste ouverte pour tout le monde. Le problème, c’est l’organisation intelligente. Une préparation intelligente passe par énormément d’informations sur les adversaires, au niveau collectif et au niveau individuel. Il faut aussi énormément de stages de préparation pour affûter des automatismes, des feelings entre les joueurs. Et aussi, améliorer la vie en interne dans le groupe.#Olivier Sefu#Rdcongoleopardsfoot.com#

 

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