LIGUE EUROPA – Parti de Sochaux en 2014 pour la Turquie et Bursaspor, Cédric Bakambu (25 ans), aujourd’hui à Villarreal, est le deuxième meilleur buteur de la Ligue Europa (9 buts), au moment d’affronter Liverpool en demi-finale jeudi (21h05, retour le 5 mai). L’attaquant international congolais, également efficace en Liga (12 buts), est un joueur dont on parle beaucoup actuellement.

Villarreal occupe la quatrième place de la Liga, qualificative pour le barrage de la Ligue des Champions 2016-2017, et s’apprête à affronter Liverpool en demi-finale de la Ligue Europa (28 avril et 5 mai). Cela pourrait bientôt ressembler à une saison quasi idéale…

C.B. : Il y a beaucoup d’attente en cette fin de saison. On va essayer de conserver cette quatrième place, ce qui serait une très belle performance. Se situer derrière Barcelone, l’Atletico Madrid et le Real, qui dominent largement la Liga, c’est bien. Et puis, nous avons pris quatre points à l’Atletico (1-0, 0-0), battu le Real chez nous (1-0) et obtenu le nul contre le Barça (2-2). En ce qui concerne la Ligue Europa, l’objectif est simple : se qualifier pour la finale. Ce serait une première dans l’histoire du club, qui a déjà disputé plusieurs demi-finales (en Ligue des Champions en 2006 et en Ligue Europa en 2004 et 2011, ndlr).

On ne s’attendait pas forcément à ce que Villarreal accomplisse un tel parcours, en Liga comme au niveau continental. Qu’est-ce qui fait votre force ?

C.B. : L’équipe est remontée en Liga en 2014. C’est vrai qu’il n’y a pas de méga stars dans l’effectif. Mais beaucoup de très bons joueurs. Nous sommes plusieurs internationaux. Il y a un intéressant mélange entre jeunes et joueurs expérimentés. Des éléments comme Roberto Soldado (30 ans) et notre capitaine Bruno Soriano (31 ans) nous font beaucoup de bien. Nous pratiquons un football offensif. Mais ce qui est le plus marquant dans cette équipe, c’est sa solidarité. Chacun joue pour l’autre.

Le match aller aura lieu à Villarreal, où l’équipe a remporté ses six matches de Ligue Europa.

C.B. : C’est vrai que nous sommes très performants dans notre stade, où seul le Sparta Prague a marqué en quart de finale (2-1). Notre public est toujours derrière nous. On a réalisé un très beau parcours jusqu’à maintenant dans cette compétition, puisque nous n’avons perdu qu’un match (1-2 contre le Rapid Vienne en phase de groupes, ndlr). Nous avons éliminé Naples (1-0, 1-1) et Leverkusen notamment (2-0, 0-0). Ce n’est pas rien. Jeudi, nous jouerons face à une grosse équipe, Liverpool. Mais on va jouer cette demi-finale à fond. Avec beaucoup d’envie et de détermination. On peut poser des problèmes aux Anglais.

 » Ma réussite actuelle s’explique aussi par la qualité de notre jeu collectif »

En ce moment, vous traversez personnellement une période de réussite.

C.B. : Oui, mais il y a eu des périodes où ça marchait moins bien. Ma réussite actuelle s’explique aussi par la qualité de notre jeu collectif. La philosophie deMarcelino Garcia Toral, notre entraîneur, c’est de produire du jeu, comme le prouve son système en 4-4-2. Il veut qu’on marque des buts. Et nous sommes plusieurs à être capables de le faire.

Votre efficacité aurait attiré l’attention de plusieurs clubs, dont celui du FC Barcelone.

C.B. : (Il coupe) J’ai un contrat jusqu’en 2020 avec Villarreal. Et à l’heure actuelle, je ne suis concentré que sur une chose, la Ligue Europa, la fin du championnat d’Espagne et les matches avec la RD Congo en mai et juin (le 25 mai en amical contre la Roumanie et le 4 juin à Madagascar en qualifications pour la CAN 2017).

Pourquoi n’avez-vous passé qu’une saison à Bursaspor (Turquie), un choix qui avait surpris à l’époque ?

C.B. : Sochaux venait d’être relégué en Ligue 2. Je voulais continuer à jouer au plus haut niveau. J’avais eu des propositions plus ou moins concrètes. De France (Metz, Saint-Etienne), d’Allemagne (Fribourg), d’Angleterre. Il y avait une piste très sérieuse avec le Standard Liège, en Belgique. Elle a échoué. Et puis, j’ai eu cette offre de Bursaspor. Je ne savais pas grand-chose de ce club. J’ai appelé Alfred N’Diaye, qui y avait évolué deux ans (2011-2013). Il m’avait rassuré, sur le club, ses structures, et sur la ville. J’ai décidé d’aller là-bas. J’avais peut-être besoin de prendre du recul, de m’éloigner un peu. Je sais que mon choix a surpris pas mal de monde. Mon père notamment, peut-être parce qu’il voulait me protéger, mais il ne s’y est pas opposé. Ma mère, mon père, mes frères et sœurs m’ont compris. Ils ont toujours été derrière moi.

 » La Turquie, au départ, c’était plutôt un pari risqué »

Aviez-vous l’impression de vous mettre en danger ?

C.B. : Un peu. C’est la première fois que j’allais jouer à l’étranger, assez loin de la France, dans un bon championnat, c’est vrai, mais qui n’est pas beaucoup médiatisé. Je savais que je prenais un risque. J’ai eu la chance de vite m’adapter car il y avait plusieurs francophones dans l’effectif. Et comme les autres parlaient anglais, ça allait. L’idée, c’était de faire deux ans à Bursaspor. Un pour m’adapter, l’autre pour confirmer. J’ai marqué 21 buts (13 en championnat, 8 en Coupe de Turquie) et cela a accéléré les choses, puisque Villarreal m’a recruté. La Turquie, au final, ça a été un choix payant. Mais au départ, c’était plutôt un pari risqué…

Vous avez été formé à Sochaux. Etait-ce pour vous le meilleur choix ?

C.B. : Oui. Je jouais à I’US Ivry, le club de ma ville natale, quand j’ai dû faire un choix. Parmi les destinations qui se présentaient, Sochaux était à mon avis la plus intéressante. Tout le monde sait que c’est un club réputé pour la qualité de sa formation. Et j’avais en tête le cas de Jérémy Menez, lui aussi né en Île-de-France et qui avait intégré le centre de formation de Sochaux. Et je n’ai jamais regretté mon choix. J’ai beaucoup appris de tous les entraîneurs que j’ai eus là-bas. On m’avait vite fait comprendre qu’il fallait que je sois plus sérieux, moins cool. Pour espérer devenir professionnel, il y a des règles à respecter. Et ce qui était important pour mes parents, c’est que je continue à suivre une scolarité normale. Avant d’aller à Sochaux, je n’avais pas de problème de ce côté, j’étais plutôt un bon élève. Mes parents ne voyaient pas d’inconvénients à ce que j’intègre un centre de formation, mais sans négliger la question des études.

Quitter votre club formateur n’a pas dû être un moment facile à vivre ?

C.B. : En effet. Le club venait d’être relégué en Ligue 2, lors du dernier match face à Evian-Thonon-Gaillard (0-3) à Bonal. Nous avions réussi une très belle fin de championnat, mais sans réussir à remporter cette rencontre. Partir n’a pas été simple, après huit ans passés au club, où j’ai connu beaucoup de choses. Je suis devenu international français dans les catégories de jeunes, j’ai été champion d’Europe des moins de 19 ans… Mais il fallait que je parte, que je passe à autre chose.

Vous êtes devenu international congolais l’année dernière, alors que vous étiez également éligible pour la France…

C.B. : Les premiers contacts avec la RD Congo remontent à 2013, mais à cette époque, c’était trop tôt. Je devais réfléchir et j’ai pris le temps nécessaire. L’année dernière, le sélectionneur, Florent Ibenge, m’a contacté pour me proposer de venir à un stage à Dubaï. Je n’avais pas pu m’y rendre car j’étais blessé, mais ma décision était prise et j’ai honoré en juin ma première sélection face au Cameroun (1-1). L’objectif, c’est de disputer la CAN 2017 et la Coupe du Monde en Russie. La sélection obtient de bons résultats, et cela permet au coach de travailler dans la sérénité. Même s’il y a une très grosse pression là-bas.#Alexis Billebault#Rdcongoleopardsfoot.com#

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