Auteur de 22 buts et 4 passes décisives pour sa première saison avec Villarreal, Cédric Bakambu (25 ans) a surpris son monde en Espagne. Révélation de la Liga, le natif de Vitry-sur-Seine a prouvé que tout était possible dans le football. Rencontré à Paris lors d’un événement organisé à la boutique Distinct du rappeur Rohff, l’ancien du FC Sochaux est revenu sur son incroyable année, l’intérêt du FC Barcelone et son amour pour le PSG.

 

C’est important de participer à ce genre d’évènement (organisé par NAAY’S EVENTS) ?

Très important. J’ai été invité à la boutique Distinct. Ce lieu appartient à Housni, un grand de ma ville. Donc pour moi, c’était normal de venir. Je ne vais pas te mentir, cette invitation a été un honneur pour moi. J’ai été au contact de la population toute l’après-midi, les jeunes sont venus… on a échangé, c’était cool. J’ai vraiment apprécié ce moment. J’espère qu’il y en aura d’autres.

 

Tu sembles très attaché à tes racines, ta ville (Vitry) et ton département (Val de Marne). Preuve en est, tu portais le numéro 94 à Bursaspor.

(Il éclate de rires). Tout ça, c’est grave important pour moi ! Je n’oublie pas d’où je viens. J’ai grandi à Vitry, dans le quartier. Il m’a beaucoup apporté. Naturellement, j’essaie de lui rendre tout ce qu’il m’a apporté en participant à des événements comme ça. Je me rends toujours disponible pour les autres.

 

Pourquoi n’avoir pas choisi le 94 à Villarreal ?

Le club ne voulait pas. En Liga, on ne peut pas (rires). On n’a pas le droit. Si j’avais pu…

 

Pour ta première saison en Espagne, tu t’attendais à être si performant ?

Sans aucune prétention, je savais que j’étais capable de réaliser une bonne saison. Je l’avais fait auparavant en Turquie, à Bursaspor. Avant de venir, je me suis dit : « Pourquoi pas faire la même en Espagne ? ». Je me suis donné les moyens d’y parvenir. J’ai réussi mon premier pari. Je suis content. Ce n’est qu’un début. Il faut continuer. Le plus dur commence.

 

Tu as tellement crevé l’écran que tu as été nommé « Révélation de la Liga ». Penses-tu que tu ce trophée est mérité ?

(Gêné). Ah ça… Je ne sais pas. J’ai été agréablement surpris d’avoir reçu ce trophée. Cette nomination démontre que le travail paie. C’est une fierté pour moi d’avoir été nommé.

« Quand j’ai signé à Bursaspor, beaucoup m’ont enterré »

 

Quel est ton meilleur souvenir de cette saison ?

Raaah… J’ai pas mal de bons souvenirs. Allez, je vais dire que c’est le but face au FC Barcelone. À mes yeux, le Barça est la meilleure équipe du monde. Marquer contre un club comme ça, c’était des émotions de fou ! J’ai rendu heureux ma famille et mes proches. C’était beau sérieux.

Je suppose que ton pire souvenir est l’élimination en Europa League face à Liverpool…

Ouais. C’est très difficile d’échouer si prés du but. On était à un pas de la finale… On pensait vraiment qu’on pouvait remporter cette coupe ! D’autant plus qu’on avait battu Liverpool à la maison. On a malheureusement craqué à Anfield. Mais bon, il faut retenir le positif. On a fait un très bon parcours tout de même. Je suis très content de mon équipe.

 

Tu as croisé la route de nombreux grands défenseurs en Liga. Lequel t’a posé le plus de problèmes ?

(Rires). Je ne sais pas ! Je vais dire Eric Bailly à l’entraînement. Ce n’est pas parce que c’est mon coéquipier hein. Mais sérieux, c’est un très grand défenseur. J’espère qu’il ira très loin. Sinon dans le championnat, je vais dire Sergio Ramos.

 

Tu en as martyrisés pas mal aussi. Celui à qui tu as le plus fait la misère ?

Je ne sais pas, je ne sais pas. Il faut demander aux fans ça…

Quel type de relation avais-tu avec ton entraîneur, Marcelino García Toral ?

On va dire une bonne relation. C’est un coach qui assez proche de ses joueurs comme tu as pu le remarquer. Entraînements ou matchs, c’est la même chose pour lui. Il a toujours cette communication avec ses joueurs. Et c’est très important pour nous, ça nous aide vraiment. Il m’a bien mis en confiance tout au long de la saison.

 

Avant de signer à Villarreal, tu étais à Bursaspor. Ne regrettes-tu pas qu’aucun club ne soit venu te chercher à Sochaux ? Si ce n’est un club turc.

(Rires). Non même pas. Je n’ai aucun regret sur mon parcours. Aller en Turquie, ça m’a boosté, ça m’a motivé de ouf ! Quand j’ai signé à Bursaspor, beaucoup m’ont enterré. Mais moi, au contraire. Je me suis servi de ça pour devenir encore plus fort. C’était une source de motivation en plus. Aujourd’hui, je suis à Villarreal et je suis heureux. J’ai un parcours assez atypique et j’en suis fier. Ce n’est pas tout le monde qui part en Turquie puis rebondit en Espagne hein… Mais attention, je ne m’enflamme pas. Je le répète : le plus dur reste à venir.

 

Mais lorsque tu as signé à Bursaspor. Tu n’as pas eu peur ?

Vraiment pas. Je savais que c’était une équipe qui jouait le haut de tableau en Turquie. On a fait une très bonne saison. On a perdu en finale de coupe contre Galatasaray (3-2). Franchement, je garde de très bons souvenirs de mon passage à Bursaspor. Le club et les supporters étaient top avec moi.

 

Mis à part Bursaspor, aucun club n’a misé sur toi lorsque tu étais à Sochaux. C’est tout de même regrettable…

(Rires). Ce n’est pas à moi qu’il faut dire ça… C’est plutôt aux clubs qui ne sont pas venus me chercher. En plus, ce n’est pas grave ça. Je n’ai aucune rancune envers le championnat de France. Le passé, c’est le passé. Le plus important, c’est ce qu’il m’arrive aujourd’hui.

 

Tu jouais avec Alphonse Areola cette saison. Que penses-tu de ce gardien de but ?

C’est un très, très bon gardien. Il l’a démontré cette saison. Il a réussi de nombreux « clean sheets » (rires). Je le félicite pour son année. J’espère qu’il arrivera à s’imposer au PSG. J’ai confiance en lui. Il va y parvenir… tôt ou tard. Merci pour ta saison Alphonse. À bientôt mon ami.

 

Selon toi, il a sa place en tant que numéro un au PSG ?

C’est difficile de répondre à ta question. Mais pour moi, oui. Il a fait toute sa saison avec nous, à Villarreal en tant que titulaire. Donc pourquoi pas ? Il a largement le niveau.

« Je mise une pièce sur Antoine Griezmann pour cet Euro »

 

L’Euro a débuté il y a quelques jours, tu le sens comment ?

Je ne vais pas te mentir, je n’ai pas suivi les matchs de préparation… j’étais moi-même en sélection. La compétition vient de commencer, on ne peut pas juger… je n’ai pas de préférence. J’espère juste que l’équipe de France va réaliser un grand Euro à domicile.

 

Penses-tu que les Bleus peuvent aller au bout ?

Pourquoi pas ? Ils sont à domicile. Tout est possible. Ce serait beau pour le pays.

 

Tu mises sur quel joueur pour mener l’équipe de France à la victoire ?

Allez, on va mettre une pièce sur Antoine Griezmann. Il vient de réaliser une grande saison avec l’Atlético en plus.

 

C’est dommage, tu aurais pu le jouer…

(Surpris) Jouer quoi ?

 

Bah l’Euro… enfin, si tu n’avais pas choisi le Congo.

Non, non, non. Je me suis inscrit dans un projet. C’est le pays de mes origines. Mon objectif est de jouer la CAN avec mon pays. Mais comme pour les clubs français, je n’ai jamais été sollicité par l’équipe de France A. Et puis même, c’est ma décision ! Elle a été bien réfléchie. Je ne regrette pas de jouer pour la RDC. Je suis très content de représenter ce maillot.

 

Mais si tu avais attendu…

Même aujourd’hui, j’aurais pris cette décision. Je ne sais pas pourquoi. Ça s’est fait naturellement en fait.

Tu fais partie de la génération 91. Tu jouais avec Alexandre Lacazette et Antoine Griezmann en sélections de jeunes. Tu as même remporté l’Euro U19 avec eux. Quels souvenirs gardes-tu de cette époque ?

C’était la belle époque. Il y a mon ami Chris Mavinga qui a récemment tweeté sur le sujet. Il n’y a pas longtemps, j’ai revu les images aussi. Franchement, c’était magnifique. On a vécu un truc de dingue tous ensemble. On avait une belle équipe. Je souhaite la même chose à l’équipe de France A aujourd’hui : remporter l’Euro à domicile comme on l’a fait à l’époque.

Pour revenir à tes objectifs avec la RDC. Penses-tu que vous puissiez remporter la prochaine CAN qui aura lieu en janvier prochain ?

Pourquoi pas ? On va se donner les moyens afin de réussir. Mais déjà, il faut se qualifier. Il nous reste un match à Kinshasa. J’espère qu’on va bien le négocier. Après ça, on pensera à remporter cette CAN 2017 qui aura lieu au Gabon.

 

Florent Ibengue est en train de construire une grosse équipe. Je suppose que vous songez au Mondial 2018 ?

Doucement, doucement. On va y aller petit à petit. Déjà, il faut se qualifier pour la CAN. Ensuite faire bonne figure au Gabon. Après ça, on pensera au Mondial. On est qualifié pour le dernier tour. Ce sera à nous de faire le job pour réaliser notre rêve ultime : jouer une Coupe du monde. Tout ce que je peux te dire c’est qu’on aura notre mot à dire.

 

Évoquons désormais ton avenir. Tu viens de réaliser une saison énorme, tu es annoncé un peu partout en Europe. Que comptes-tu faire la saison prochaine ?

Oui, j’ai réalisé une bonne saison grâce à toute l’équipe. Tous les buts que j’ai inscrits, je ne les ai pas mis tout seul hein. Pour la saison prochaine, je reste dans mon objectif c’est à dire jouer la Ligue des Champions avec Villarreal. On va voir ce qui se passe. Je suis en vacances. Je ne veux pas penser à autre chose.

 

« L’intérêt du FC Barcelone est flatteur »

 

Quand tu vois ton ami Eric Bailly signer à Manchester United, ça doit te donner des envies, non ?

(Rires). Eric Bailly, c’est mon gars ! Il vient de signer à Manchester. Je ne vais pas te mentir, c’est une très grosse perte pour Villarreal. Je ne lui souhaite que du bonheur, je suis très content pour lui. Quand j’ai appris cette nouvelle, c’était comme si c’était moi qui avais signé. J’étais trop heureux. C’est mon frère d’Afrique.

 

Tu ne réponds pas à ma question là…

Tu veux savoir si ça me donne envie ? Bah bien sûr ! Les clubs comme Manchester Unied font toujours rêver. Mais actuellement, je suis dans un projet. Il ne faut pas bruler les étapes. Je suis lucide, je sais d’où je viens. Il faut y aller étape par étape. C’est clair que ça me donne envie. Donc ma réponse est oui.

 

Tu es annoncé dans le viseur du FC Barcelone…

(Il s’éclate de rires). On verra ce qu’il se passe. Aujourd’hui, Je suis à Villarreal. Pour le reste, on verra.

 

Mais ce n’est pas tous les joueurs qui sont annoncés au FC Barcelone.

Voir le Barça me porter de l’attention, c’est flatteur. Mais il faut avoir la tête sur les épaules, le plus dur reste à venir encore une fois. Je sors d’une bonne saison en Liga, il faut confirmer. Je vais travailler dur pour ça. Je ne me fais pas de souci pour le reste.

 

Tu es un mec de Paris, je suppose que le PSG te plaît aussi ?

C’est clair ! Quand j’étais petit, j’étais fan du Paris Saint-Germain. C’est mon club de cœur. C’est le premier club que j’ai supporté. Donc c’est clair que Paris, ça donne envie.

 

Que penses-tu du PSG d’aujourd’hui ?

Raaaah, il rafle tout ! À l’échelle nationale, Paris est imbattable. Pour la Ligue des Champions, il lui manque ce petit brin de réussite. Je pense que ça venir avec le temps. Une C1 ne se remporte pas du jour au lendemain. C’est important de laisser du temps à ce club.

 

Ce brin de réussite viendra quand tu signeras à Paris ?

(Rires). Le PSG a de très grands attaquants. Donc voilà…

 

Donc selon toi, tu n’as pas ta place au PSG ?

Sincèrement, non.

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